The one I could not understand
J'aurais voulu faire plus car il le mérite. Selon moi, la notion de mérite ne doit pas s'entendre comme récompense par rapport à un investissement mais par volonté sucitée chez les autres de se donner d'eux-mêmes pour soi. Ainsi, je regrette souvent encore et pense à lui. Je regrette de ne pas avoir été présent comme il aurait souhaité que je le sois. Je regrette d'avoir trop insisté alors qu'il n'était pas en état de répondre comme j'aurais souhaité qu'il le fasse. Ou bien qu'il réponde tout court. Je m'en veux car je sais pertinemment l'avoir déçu.
Au final, j'avais l'impression de m'accrocher à l'ombre d'une flamme éteinte depuis bien trop longtemps. Que notre relation n'allait plus que dans un sens, et que je m'adressais à un fantôme, à une représentation, une idée de notre relation même. J'ai fantasmé sa proximité. Trop de fois j'avais l'impression qu'il était constamment ailleurs et que même en sa présence je ne lui importais pas tant que ça. Je chéris encore les heures à jouer avec lui à la console ou à discuter de plein de choses et d'autres : de musique, de nous et des autres, de nos galères et plaisirs ... Son écoute et son rire si apaisant me manqueront définitivement. Encore une fois, j'ai construit des souvenirs de souvenirs, me pensant plus proche que je ne l'étais réellement. J'ai jalousé ceux que je jurais être plus proches de lui, quand ma jalousie jeûnait depuis des mois. J'ai terriblement mal agi, je ressasse souvent mes idées en me disant que j'aurais pu mieux faire les choses et que nous aurions pu chacun trouver notre compte, l'un dans l'autre.
Mais aujourd'hui, tout cela se doit d'être derrière moi. J'ai continué de m'accrocher à un espoir absurde et cela a probablement dû le faire souffrir et le rendre mal à l'aise. Je lui adresse d'immenses excuses. Mais parfois on va trop loin, (surtout moi dans mon rapport aux autres, en réalité) et j'ai plus que dépassé les bornes avec ce dernier. Je suis attristé que les choses se soient terminées ainsi par ma faute, mais comme je le disais hier, je dois assumer les conséquences de mes actes et me tenir pour responsable. Cette amertume serre ma gorge et écrire tout ceci est loin d'être facile. En prenant du recul, j'ai conscience que les choses se porteront mieux ainsi, que je dois réfréner mon égoïsme sans limites. Je ne lui souhaite que le meilleur (le courage et la réussite) pour la suite, il le mérite.
La porte s'est fermée quelques secondes après que je l'ai rêvée ouverte.