Reflect
Cela fait quelques semaines ou mois que je n'ai pas écrit et j'y reviens aujourd'hui. Les choses ne changent pas vraiment, même si j'ai l'impression que cela va mieux, que je suis davantage apte à endurer les dificultés de ma vie après la grosse tempête qu'ont été ces derniers mois ou dernières années. Je m'enlise dans les sables mouvants de l'introspection, les dunes, le ciel et les vallées s'étendent à perte de vue dans des myriades de vies alternatives, et regarder mes pieds ne m'aide plus à me mouvoir. Ce que je veux dire, c'est que j'essaie de comprendre mon for intérieur pour avancer, aussi bien pour moi que pour les autres et finalement être pleinement indépendant et épanoui. C'est un mirage ; le bonheur n'existe pas et est encore moins un objectif. Quelle drôle de sensation de s'atteler à corriger un problème au point de passer à côté de l'essentiel des maigres allègements de souffrance que comprend la vie. Encore plus cruel lorsque cette correction s'applique sur quelque chose d'abstrait, de difficilement quantifiable et subjectif au plus haut point. Au final, tout cela n'a pas tant d'importance.
Rain in the forest.
Néanmoins, je crains que cette quête soit facilitée par son partage avec un être cher, ce dont je me suis volontairement privé par le passé et qui me fait souffrir aujourd'hui à la moindre évocation. Le poids de la solitude me pèse, provoquant des sentiments que je ne comprends pas :
- Jalousie : pourquoi d'autres ont-ils une situation plus enviable ?
- Anxiété : partagerais-je encore une fois dans ma vie du temps signifiant avec quelqu'un ?
- Colère : je déteste ma situation et je ne fais pourtant rien pour en sortir.
Le sol glisse continuellement sous mes pas, semblable à la poussière d'étoile s'échouant dans le cours temporel. Souvent, tard la nuit (car je veux retarder l'affrontement de mes pensées), les yeux rivés au plafond, je ressens un profond deuil : j'ai du mal à accepter le départ de toutes ces personnes qui ne partageront plus mon existence, progresser s'avère douloureux. Pourquoi ressasse-je encore cette nostalgie, cette mélancolie continuelle, qui n'a aucun autre but que de me desservir ? Que dois-je en comprendre ou en tirer, quel est le message que ma psychée souhaite me faire passer à part celui des échecs cycliques ?

Objectivement, je sais que se concentrer sur ceux qui restent est le plus bénéfique pour ma santé mentale, mais où sont-ils ? La vie de chacun nous éloigne un peu plus chaque jour, aujourd'hui l'isolement, demain l'abandon. Il n'y a plus de validation sociale pour me conforter dans la valeur de la personne que j'incarne. Que subvient-il d'un humain sans personne pour s'y refléter dans ses yeux ? C'est terminé.
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Je reste satisfait du chemin que j'ai parcouru et je vais continuer à mon allure, et j'ai bon espoir que j'atteigne une situation qui m'apaise encore davantage. Chaque chose en son temps, et je devrai encore fournir d'infinis efforts pour maintenir ma vie sociale et apprécier l'ascétisme. Des exemples de réussite autour de moi m'encouragent à continuer à puiser le meilleur de moi-même bien que je reste intimement convaincu que celui qui déverse ses émotions négatives constamment n'a plus de place pour le bien ou le mieux qu'il recherche.