Ominous fog
Suis-je capable de vivre en société ? J'ai trop souvent l'impression quand je réfléchis à mon impact sur le monde de n'apporter que du négatif. J'ai commis de nombreuses fautes irréparables, inexcusables. Pour beaucoup d'entre elles, j'y repense encore souvent et je tends à croire que c'est une bonne chose : c'est ce qui me poussera à donner le meilleur de moi-même pour la suite, en ayant conscience de mes travers et en cherchant à ne pas réaliser les mêmes erreurs. J'ai fait souffrir ceux et celles qui comptaient, pour au final quoi ? Le sabotage, l'autodestruction, tout ce dont je suis capable. Rien.
Parfois, j'ai un mode de pensée inverse à celui énoncé plus haut, j'ai l'impression que je n'ai plus ma place ici, que j'ai trop dépassé les bornes de tout mon entourage et que la dernière solution viable est l'exil vers le brouillard. Alors, je m'imagine préparer mes adieux et mon équipement, choisir quand partir et quelle voie suivre. Je n'ai pas d'objectif, de but qui m'anime. L'impression de traîner avec moi la désolation et la tristesse. Ai-je réellement quelque chose à apporter au monde ? Ne suis-je pas que le vaisseau remplaçable d'une âme condamnée à errer sans joie ? Je crains que si personne ne m'aime, je doive le faire moi-même.
[...] ma vie n'a rien de jouissive / Et j'refuse de vendre du rêve à des gosses qui contemplent le suicide
libre - Benjamin Epps
Seul alors je serais peut-être heureux ? Oh je crains bien que non, car si j'apporte de la souffrance, le peu de bonheur qu'il me reste se trouve bien dans mes relations sociales. J'ai besoin des autres mais nul n'a besoin de moi. C'est la triste et dure réalité ; je dois m'y faire. Constamment entretenir et divertir les autres pour ne pas passer une seule seconde avec moi-même. Ce matin je me suis regardé dans la glace, ce soir je n'y arriverai pas.
Le lit reste froid et bleu, c'est le prix à payer j'imagine. Ma seule échappatoire sera peut-être d'envisager des échanges physiques et textuels, dénués de sens profond, mais en suis-je seulement capable ? Vouloir tenter de me sauver en cherchant les bras d'un Autre ne m'apportera que de nouveaux tourments, j'en ai bien peur. Il y a quelques mois de cela, n'y arrivant pas, j'écrivais déjà :

Le brouillard est
Fin.