Identity crisis
Comment me définir ? Qu'est ce que je souhaite dans la vie ? Où me vois-je dans X années ? Qui suis-je ? Ce sont d'horribles questions. À trop vouloir chercher à plaire à tout le monde, je crois que je me suis oublié moi-même. Ma capacité d'adaptation me fait défaut ; toute ma vie j'ai voulu me modeler, rentrer dans le moule, me fondre dans la masse. J'ai suivi à la lettre un chemin tracé pour ma réussite, sans jamais me questionner sur mes raisons d'exister. Et quand est-il de mon identité propre, intime, sexuelle ? La prise de conscience et la quête identitaire auxquelles je suis confronté depuis des mois maintenant m'usent.
Cela dit, je ne peux nier avoir fait des progrès. Mais cette sensation d'être une coquille vide, un réceptacle errant qui fond ses bordures dans celles de son environnement, me colle à la peau. J'ai cru bon de vouloir à tout prix me faire apprécier, sans doute aveuglé par, au choix, le narcissime ou l'érotomanie. En ce moment, questionner mon être et ses intentions est le chemin le plus court vers la douleur, la déperdition et les larmes. Quand les questions de l'identité refont surface, viennent avec elles une vague tonnante de tumultes.
Cette course absurde pour échapper à moi-même et à ce que je suis ne rime à rien. Je sais pertinemment que j'ai tout intérêt à me concentrer sur moi, ma pensée, mes sentiments, ma solitude. Avant de quitter tout le monde du jour au lendemain, je ferai juste mieux d'accepter de passer du temps avec moi-même. C'est si simple, et pourtant une vie perdue, passer mon adolescence à m'isoler dans ma chambre n'a pas aidé.
Les études, le travail, tout s'enchaîne en suivant son cours millimétré à un rythme effréné. Jusqu'à présent, je n'ai pas été confronté à des échecs majeurs, quelle sera ma réaction quand cela se produira ? Mais je n'ai ni le temps ni l'énergie d'y penser, il faut continuer à avancer, coûte que coûte.
Finalement, ma présence sur Internet est la seule chose qui a une forme d'importance pour moi. Ce journal fera partie de mon héritage.
Mon existence se désagrège autant qu'elle se propage.
L'exercice d'écrire est beaucoup plus simple à faire pour moi que de me livrer à mes proches sur ce que je ressens précisément. Peut-être que pour accéder aux autres, je m'offre à eux dans une forme de dumping ? À la fin, qu'il y a-t-il d'autre à voir que ce que je déroule sous vos yeux ? Je n'ai pas d'intimité et n'en ai jamais eue.