Desire and ecstasy (+18)
Il est difficile pour moi de toujours correctement juger mes intentions. Trop souvent, j'agis principalement sous l'effet du désir dans mes relations sociales. Que cela soit pour essayer de partager une intimité avec les autres dans le but de compenser un manque de privilèges dans leurs vies respectives, ou bien parce que je cherche à me vendre à eux. Je recherche activement leur validation sexuelle. C'est pour dire à quel point ma perception de moi-même est troublée. Je me sexualise aussi, c'est le jeu, je crois. Mon corps est ma voix qui s'égosille : « Aimez-moi, aidez-moi » dans un cri déchirant. Je ne sais plus si je partage mes fantasmes pour me rassurer ou pour susciter des réactions. Je me mets à nu, littéralement des heures durant, aussi bien dans mon esprit que dans la vraie vie. Constamment, j'ai cette obsession de considérer autrui comme un autre moi qui me vit et me veut. Déraisonnable et perverti, fatalement humain. J'arpentrai la lisière des tourments et supplices : qu'on extirpe de moi-même les horreurs du délice.



Encore une fois, je suis probablement allé trop loin, je ne peux plus faire machine arrière. Il me tarde de pouvoir enfin quitter ce corps comme le font les petites morts. Ma psychée brûle inextinguiblement et je ne me lasse de la beauté des lumières, des poses et postures, des ambiances, des rayons, des danses des vallons et des fins d'impostures. C'est à cet idéal de beauté que j'aspire, et qui est le fond de toile de bien trop de mes problèmes. Mais si je sonde en mon âme en son point le plus profond, j'y décèle ce besoin : l'humiliation et la honte, la souffrance (encore) et la soumission à son comble. L'acmé viendra avec ma destruction physique et mentale. Il y aura du sang et des pleurs, en toute somme : du bonheur.
La quête de l'extase sera semée d'embûches, mais il faut bien vivre. J'ai l'idée que ce sera peut-être mon moteur ultime. Ce n'est pas trop une question de choix si je ne m'abuse. Le fil du funambule. La seule chose qui ne me quittera pas.
La découverte des histoires que l'on lit entre les côtes et les hanches des inconnus. Des pages pleines et pourtant prêtes à recevoir la sentence de l'encre.