Death in mind
Des flots de larmes coulent sur mes joues, ma gorge est prise par une tristesse qui ne saurait me libérer en m'achevant. L'émotion est intense, je suis mû dans un abysse de douleur, le monde s'effondre mais je vis encore. Alors je pleure comme ces gros nuages d'automne, tout mon être se déchire et mon visage se déforme. Qui m'a placé ici, aurais-je pu éviter cela ? Cette logique ne m'est même plus accessible, tant la dévastation dévale là. Et la condamnation à cette situation n'est que le fruit de moi-même. Enfin, je m'efforce de rester en paix ; la douleur décidera à ma place.
Les rues sillonnent sous mes pas, je fuis mon être pour ne pas y rester, les passants m'exaspèrent. Je n'ai pas d'autre choix que de continuer à avancer, ou l'insécurité finira par me rattraper. Ils deviennent des obstacles à ma progression, des plots se tenant en travers de mon chemin. Je les déteste car je me hais moi-même. Ce sont tous des inconnus dont je me moque, et pourtant je voudrais mourir tout comme eux.
Je finirai par devenir le gardien de mon initimité et me décrocherai de la toile d'araignée tissée par mes soins. Mes connexions sont-elles censées, l'ont-elles toujours été ? Je ne trouverai ni réponse ni complaisance dans cette réalisation. La conviction de tout abandonner pour me découvrir moi-même reste un mirage, je le sens. Les autres feront toujours partie de moi, comme j'ai le potentiel de faire partie d'eux. Je suis le seul à pouvoir me venir en aide, mais l'orage cérébral m'assaille de ses éclairs en pleine âme. Ces lances de foudre déchiquètent mon Moi, me laissant seul au sol. Une dernière chose évitable, que mon sort connaisse son dénouement dans le sang.
Hate everyone, but most importantly yourself
Je perds la raison et ne me ressens plus que dans la souffrance, cela doit être mon seul recours. J'ai fixé pendant trop longtemps les horreurs dont mon esprit est capable que je m'y suis retrouvé. Quand bien même quelque chose reste clair pour moi, c'est bien que la vie n'est pas que ça. Il ne s'agit pas que de ces miroirs médusants et de cette eau bouillante, de ces morceaux tranchants ou de ce venin virulent. Mais il n'y a pas non plus que ces baisers infinis, la douceur absurde et l'extase des sensations parcourant les rivages larmoyants de ma chair.
La spirale connaîtra une fin, d'une façon ou d'une autre, le brouillard nous accueillera quand le ciel le souhaitera.
Aujourd'hui n'est pas ce jour : en attendant, j'avance. La mort dans l'âme.