Absolution

Absolution

Cela fait longtemps, trop peut-être, que je n'ai pas écrit. Les évènements s'enchaînent dans ma vie et il est assez difficile pour moi de garder le fil. Je devrais profiter de mes vacances afin de me reposer un peu mais je n'arrive pas encore à trouver un rythme récupérateur. Et le stress de devoir encore travailler un peu plus pour mon mémoire ne facilite pas non plus ma déconnexion totale. Et le temps libre se doit d'être occupé, alors je suis retombé dans mes vieilles habitudes, c'est-à-dire jouer aux jeux-vidéos jusqu'à ce que sommeil s'ensuive.

Retourner dans cet environnement me rappelle énormément de souvenirs, toujours aussi douloureux pour moi, alors que cela fera bientôt un an. Les journées passent bien trop vite et je ne sais quoi trop en penser, cela impacte énormément mon moral, j'ai la sensation de ne pas avancer et de regretter le temps présent et passé. Je continue inexorablement de m'ouvrir aux autres dans la possible mesure des choses. De cette façon, je sors avec mes amis, et je souhaiterais les remercier d'être là pour moi, que cela soit physiquement ou virtuellement car je crois encore compter pour eux. L'effondrement social que j'ai traversé en lien avec ma crise d'identité au sens large ne s'est pas produit sans laisser de traces ; voir que certaines choses ne changent pas est possiblement un puissant réconfort face à la temporalité.

Par ailleurs, j'ai eu l'occasion pour la première fois de ma vie d'aller en boîte de nuit, depuis le temps que cela me démangeait, comme j'en parlais juste ici : Hyper-percussive rhythm. Cela a été une très bonne expérience pour moi, les musiques colorées et rythmées s'enchaînant dans la chaleur étouffante d'un sous-sol parisien surpeuplé. Des personnes de tous âges et de tous horizons mouvant leurs silouhettes au rythme des basses, dans l'obscurité tantôt brisée par des projecteurs irisés. J'en avais réellement besoin même si je devais probablement être ridicule : j'ai rencontré des amis d'amis très sympathiques, intéressants, agréables et qui ont su me mettre à l'aise.

Mais voilà, le constat reste toujours aussi lugubre, derrière chaque seconde de joie se trouve une abîme de tristesse. Comme le dit si bien Marcel Pagnol dans Le château de ma mère :

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants.

Pour ma part, je me dois de combattre perpétuellement cette irrépréssible envie d'en finir avec ma souffrance. Cet affrontement m'use et je ne sais si j'aurai la force de le mener jusqu'au bout. La vie a pu me montrer qu'elle valait d'être vécue, surtout avec la chance que j'ai. Cependant mon cerveau fait ses sempiternels caprices, me demandant si tout ce que j'observe et ressens a une réelle valeur, un réel sens. Je souhaite que l'avenir me donne raison, et donne raison à celles et ceux qui ont vu en moi une pivoine que l'on croyait morte et qui, au beau milieu du printemps, laisse surprenamment entrevoir un bourgeon d'espoir.

Il n'y a pas que de la mort, qu'une pulsion de mort au sein de vous : il y a de la vie.

Je ne suis plus que le réceptacle d'une âme brisée par les passions, et qui pourtant ne demande qu'à s'en nourrir encore un peu.